Sixieme Dimension: Les montres qu'il vend lui ressemblent

Les montres qu'il vend lui ressemblent

Ce qui frappe quand on croise Patrick Saegesser, le nouvel horloger de Crans – il vient de reprendre la boutique d’André Triponez à la rue Centrale – c’est sa barbe de trois jours soigneusement entretenue et qui lui va à ravir, il faut bien l’avouer. C’est aussi dans le son de sa voix un mélange d’accents jurassien et bâlois qui représente assez bien le personnage: sérieux, consciencieux, compétent, passionné, branché. Mais ce qui frappe surtout lorsque l’on croise Patrick Saegesser, c’est la montre qu’il porte à son poignet gauche. «Un mastodonte», il le dit luimême. Et quand on y regarde de plus près, ça y ressemble vraiment. Si on n’était pas au courant de la tendance en matière d’horlogerie, nous voilà rassurés. Volumineuses, rondes, épaisses, sophistiquées, avec des boutons de réglage qui ressemblent à des pinces dignes d’un chirurgien de pointe disposées de manière à ce qu’on ait envie de s’y pencher. C’est tout lui ça. Et les montres qu’il vend lui ressemblent.

Fils d’une horlogère jurassienne exilée à Bâle sans avoir jamais prononcé un mot d’allemand pour suivre son mari jurassien lui aussi. Les parents de ce dernier avaient dû quitter la région pour des raisons économique dans les années 50 déjà, toute une histoire. Patrick Saegesser, 38 ans, a commencé par jouer au hockey sur glace comme son frère. Il en a la stature. Mais c’est son frère qui est venu une saison à Sierre. Patrick en a profité pour découvrir Crans-Montana. Il s’y est plu d’emblée mais ce n’était pas pour autant qu’il allait à cette époque de sa vie quitter l’Ajoie, sa région de prédilection, où il venait d’ouvrir sa première boutique de «fringues». Branchées, les fringues. Évidemment. Puis il y a eu le plongeon dans le monde des montres. Tag Heuer dont il a été le délégué commercial pour la Suisse durant des années. Voiture de fonction, costume tiré sur les épaules, il aimait bien. Ont suivi Gucci, Michel Jordi puis une marque nouvelle, la sienne: les Dolphinwatches. Quant à celle qu’il aime porter au poignet actuellement, il s’agit d’une Louis Chevrolet, en vente chez lui. Quelques années encore responsable Europe et Moyen- Orient pour les montres Charriol, le temps de venir saluer André Triponez un des nombreux clients qu’il avait l’habitude de visiter. Et d’entendre que la boutique était à reprendre. Un pas que Patrick Saegesser n’a pas hésité à franchir. Cet habitué à créer l’événement – marketing man oblige – accepte quand on insiste un peu à se montrer bel ami des stars que l’on découvre au gré des fichiers photos qu’il ouvre sur son portable. On n’en dira pas plus. Juste peut-être que, dans sa boutique, un coin est réservé aux montres d’occasion des marques qu’il préfère. Absolument.

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